
Mon esprit est trop faible -- l'idée de la mort
Pèse lourdement sur moi comme un sommeil qu'on refuse,
Et chaque pinacle, chaque sommet de divin héroïsme
Issu de mon imagination, me dit que je devrai mourir
Comme un Aigle malade qui regarde le ciel.
Pourtant, c'est un doux luxe que de pouvoir me dire
En pleurant, que je n'ai pas a garder les vents ennuagés
Frais pour que s'ouvre l'oeil de l'Aurore.
Telles splendeurs confusément conçues par l'esprit
Portent au coeur un indescriptible tumulte;
De même ces merveilles lui portent une vertigineuse douleur,
Qui mêle la grandeur de la Grèce avec les grossiers outrages
Du Temps ancien -- avec un courant tumultueux --
Un soleil -- l'ombre d'une Grandeur.

"Que dirait l'Europe, j'en frémis,
si quelqu'un trouvait un dessin de Raphaël ou d'Apelle
et, incapable de l'emporter en entier,
coupait les jambes ou la tête de cette oeuvre d'art .
Si l'Angleterre, amie d'exploits vaillants,
ne peut emporter ce temple entier sur son sol,
et avec lui le ciel d'un bleu profond
sous lequel se trouve ce monument tout blanc,
et ne peut emporter l'air transparent qui baigne le temple
et le soleil brillant qui le dore -
si l'Angleterre ne peut emporter tout cela dans le climat de son nord lointain,
alors, de m&rcirc;me que jadis rois et roturiers envoyaient des offrandes d'adoration
au Parthénon et à l'Acropole,
de même, l'Angleterre devrait nous renvoyer,
en signe de respect envers le berceau de la civilisation,
les joyaux du temple qui en furent arrachés
et sont maintenant lointains et sans valeur,
alors que le temple lui-même demeure tronqué et informe."